dimanche 20 mars 2016

Qu est ce qu'un RAT (Remote Administration Tool)




Est-ce qu'un RAT est un produit légitime ou illégitime ?

- Légitime lorsqu'une personne ou une société a donné son accord à une autre personne ou une autre société pour prendre le contrôle à distance de son ordinateur. Le cas le plus habituel est celui de la télémaintenance et du télé diagnostique qu'une entreprise délègue à son fournisseur de produits et services informatiques. Ce dernier peut intervenir bien plus rapidement et efficacement en prenant le contrôle de l'ordinateur de son client sans quitter ses bureaux et sans perdre de temps en déplacement, surtout si le client est à plusieurs centaines ou milliers de kilomètres de là. Le serveur doit être lancé au dernier moment, lorsque le fournisseur et prêt à prendre le contrôle. Le serveur ne doit jamais rester en veille permanente. Il doit, en outre, n'être activable que sur présentation d'un solide mot de passe renouvelé après chaque intervention. Les droits du compte sous lequel la personne exerce sa prise de contrôle à distance devraient être limités au stricte nécessaire et au strict minimum (principe de moindre privilège).

- Illégitime lorsqu'il a été implanté à l'insu de l'utilisateur. C'est un Trojan qui a probablement servi à le véhiculer et l'implanter ou une personne qui a accès physiquement à l'ordinateur. Dans les 2 cas il y a, outre la malveillance introduite, une faille de sécurité quelque part qui a permis son installation.

Rappel : un RAT introduit à l'insu de l'utilisateur est un moyen par lequel une personne pénètre et se maintiend dans un système de traitement de l'information. Il faut immédiatement porter plainte au totre de la loi dite "Godfrain". 
Méthodes de diffusion du parasite:


- Accès physique à l'ordinateur.
Le plus simple reste, tout de même, d'accéder physiquement à la machine (vous-même, votre copain, votre copine, un employé, un technicien de surface, un détective privé, un parent, un enfant, un ami, le service de gardiennage, la maintenance technique etc. ...) et d'y installer le parasite. Ce n'est probablement pas le cas pour les adwares mais ça l'est pour les keyloggers, les backdoors, les Remote Admin Tools etc. ... La personne qui accède à l'ordinateur peut même en être son utilisateur normal qui a été manipulé et installe tout à fait inconsciemment le parasite après avoir été convaincue qu'elle faisait tout à fait autre chose en installant cette disquette, ce CD, etc. ... Il faut considérer cela comme une faille de sécurité (la première faille de sécurité, la plus importante, se trouve souvent entre la chaise et le clavier).

- Abus de faiblesse :
Un bon discours, un bon texte ou une démonstration trompeuse vous a convaincu qu'un truc était absolument indispensable et que vous ne pouviez pas vivre sans. C'est ainsi que bon nombre de parasites sont installés alors que vous croyez installez, vous-même, une simple barre d'outils (ToolsBar) dont vous êtes persuadé avoir besoin. De nombreux utilitaires de sécurités crapuleux, dont plusieurs embarquent, en sus, des parasites (agissent en Trojans) utilisent cette technique d'ingénierie sociale. Là aussi le problème est souvent entre la chaise et le clavier.

- Usage d'un trojan :
L'usage du Cheval de Troie ou Trojan pour installer un parasite est la méthode la plus répandue et c'est vous-même qui êtes allé chercher le vecteur (probablement un programme "gratuit" ou "freeware" ou "shareware") de l'infection et avez procédé à son rapatriement (téléchargé ou copié depuis un CD-ROM etc. ...) et à son installation. Par exemple, c'est vous-même qui installez KaZaA sur votre ordinateur : KaZaA ne vient pas tout seul s'installer. Mais KaZaA est le vecteur de très nombreux parasites dont un downloader permettant d'installer encore d'autres parasites dans un système pyramidal. C'est un trojan. Cette nécessité d'installer le trojan pour que soient installées les parasites contenus est importante car elle dénote bien qu'un trojan doit être installé pour pouvoir lâcher sa charge active. Il y a donc une faille des mesures et procédures de sécurité et elles sont inefficaces ou l'agresseur possède une complicité à l'intérieur.

- L'ouverture d'un courrier piégé :
Spam ou non, vous ne devez jamais ouvrir un courrier dont vous ne connaissez pas l'expéditeur et vous ne devez jamais cliquer sur un lien dans un courrier, spam ou non. Un tel courrier piégé peut être assimilé à un cheval de Troie. Vous devez être équipé d'un anti-spam et d'un antivirus.

- Usage d'un Fake ou Hoax :
Il s'agit de faux ayant l'apparence du vrai. On les trouve surtout sur les réseaux de P2P où les parasites portent, simplement, le nom des programmes les plus convoités (un jeu...), des chansons les plus téléchargées etc. ... et dans le courrier électronique (spam ou non). Le phishing est de cette nature.

- Usage d'une faille de sécurité :
Cas plus rares, le parasite est installé automatiquement depuis Internet, en exploitant des failles de sécurité. Techniques plus complexes comme le buffer-overflow et avec l'aide d'un downloader... Une technique consiste, par exemple, pour attaquer un système bien protégé, à utiliser un sniffer sur une liaison entre cet ordinateur et un ordinateur externe moins bien protégé auquel le premier fait appel régulièrement (par exemple transmissions quotidiennes depuis une filiale vers une maison mère). Le sniffer permet de repérer, dans les en-têtes, l'identité et le type des fichiers transmis régulièrement. Il suffit alors de faire passer le parasite pour l'un de ces fichiers sur la machine faillible pour infester la machine cible.

- Usage de sites piégés :
Les sites piégés malsains que vous visitez installent "à l'insu de votre plein gré", grâce à l'usage de contrôles ActiveX ou de langages de script, des parasites de toutes nature. Ils profitent d'un certain laxisme de votre part dans le réglage de votre navigateur (surtout Internet Explorer) en ce qui concerne l'acceptation des ActiveX et des scripts. L'un des pièges pour conduire les scripts est l'usage d'images piégées dont les fameuses images invisibles, les WebBugs.

- Usage d'un binder :
Le parasite est saucissonné (découpé) en un tas de petits bouts, chacun étant suffisamment anodin pour être indétectable. Le binder va assembler et créer le parasite à partir de petits bouts à l'apparence anodine. Le problème, en amont, est que le binder et les petits bouts du parasite ont pénétré le système. Il y a donc, également, une faille de sécurité à chercher. 

Fonctionnement d'un RAT

Un RAT commercial s'installe là où on lui dit de s'installer et sous un nom que nous lui connaissons. Un RAT hostile s'installe furtivement dans un répertoire où il a peu de chance d'être repéré de visu par un utilisateur courant : par exemple les immenses répertoires système contenant des milliers de fichiers exécutables aux noms barbares et inconnus. Certains sont tellement furtifs que même en utilisant le gestionnaire de tâches (la combinaison de touches alt-ctrl-sup) il n'apparaît pas dans la liste des tâches actives ou, s'il apparaît, c'est sous un nom qui ne retiendra pas l'attention.

Dès que le RAT est installé, la première chose qu'il fait est d'implanter un dispositif lui permettant d'être lui-même lancé automatiquement chaque fois que l'ordinateur est démarré. Il modifie pour cela la liste de démarrage et reste actif (à l'écoute) tant que l'ordinateur est allumé. L'usage d'outils d'analyse de la liste de démarrage de Windows peut aider.

Une fois actif, son souci est d'ouvrir une porte (il commence par se comporter comme un Backdoor), toujours la même (il y en a 65.536 dans votre PC) puis de rester à l'écoute en la maintenant ouverte chaque fois que vous vous connectez sur le Net. Il utilise diverses méthodes de camouflage pour tenter de tromper les pare-feux (firewall). Il n'émet absolument jamais rien de lui-même, il n'appelle jamais (contrairement à ce qu'écrivent certains sites de sécurité) car ce serait le meilleur moyen de se faire repérer et de se faire bloquer. En sus, s'il appelait, il devrait donc appeler une adresse IP ou un serveur (un nom de domaine) donc il serait immédiatement possible de savoir "à qui le crime profite".

Le pirate, depuis sa machine "cliente", va tenter de trouver et "réveiller" son "serveur". Il appelle donc une adresse IP sur le port de son serveur. Deux possibilités s'offrent à lui pour avoir cette adresse IP:

Votre adresse IP est fixe. Le pirate va directement voir si vous êtes en ligne et si le port sur lequel écoute le serveur de son RAT est ouvert. Le pirate s'attaque donc à une cible choisie qui n'est pas celle de monsieur tout le monde. En principe, l'internaute "lambda" que vous êtes n'est pas visé car vous êtes "sans intérêt" (désolé pour votre ego). Tant que vous ne sortez pas la tête hors de l'eau vous êtes noyé dans les millions d'adresses IP et c'est une assez bonne planque.

Votre adresse IP est dynamique, affectée à chaque connexion. C'est le cas de monsieur tout le monde. Le pirate utilise tout d'abord un scanner d'adresses IP et de ports afin de trouver, adresse par adresse, si son RAT est à l'écoute. Dans ce cas, le pirate s'attaque à une cible au hasard. Plusieurs pirates peuvent tomber sur le même backdoor. 

Le pirate "protège son RAT" par un mot de passe. Une fois entré, il est à votre place et peut observer ou intervenir sans que vous vous en apperceviez grace aux fonctionnalités multi-tâches de Windows et a sa capacité de faire tourner des applications et services en arrière plan.

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