dimanche 4 janvier 2015

Un mystérieux hacker tente de déstabiliser le régime marocain


Un internaute qui se fait appeler Chris Coleman publie depuis des semaines des informations confidentielles sur son compte Twitter.
Un mystérieux hacker publie depuis trois mois quantité de documents visant à mettre à mal le régime marocain. Sur son compte Twitter, Chris Coleman, c'est son nom, diffuse des correspondances et mails piratés, des dossiers classés confidentiels, mais aussi des photos privées et des informations sur la vie intime de certains responsables du pays. Ce samedi aprés-midi, le compte Twitter @chris_coleman24 a encore publié une salve de documents.
Ces contenus auraient été obtenus en piratant les boîtes mail de personnalités politiques et médiatiques, comme celle de Salaheddine Mezouar, ministre marocain des affaires étrangères. Si certains documents ont été authentifiés, d'autres sont sujets à précaution.
Toutefois, certaines révélations semblent avoir du crédit. Car récemment, le journal espagnol El Mundo a repris l'un des tweets de Coleman, selon qui la France et le Maroc n'auraient plus de coopération concernant la lutte antiterroriste depuis la crise diplomatique entre les deux pays du printemps dernier. Ce qui fait dire au quotidien espagnol que les services antiterroristes espagnols joueraient désormais les intermédiaires entre Rabat et Paris.
Un hacker au service des Sahraouis

Mais qui se cache derrière ce personnage et quel but précis poursuit-il? Personne ne semble connaître son identité. L'une des causes les plus les plus chères à Chris Coleman concerne la défense des Sahraouis et l'autodétermination du Sahara, à laquelle il consacre la majeure partie de ses tweets.
Il s'agit là d'un dossier épineux puisque le Maroc propose un plan d'autonomie de la région tandis que le Front Polisario, un mouvement politique et armé du Sahara occidental soutenu par Alger, revendique l'indépendance du territoire depuis le départ des Espagnols en 1976.
Toutefois, le mystérieux hacker (ou le collectif derrière) pourrait bien chercher à brouiller les pistes quant à son identité. Le fait qu'il ait volontairement laissé des traces indiquant des origines algériennes interpelle. En effet, sur l'une des plateformes qui lui servent à diffuser ces documents, Chris Coleman s'est enregistré sous le nom de «Mousa E.», tout en se géolocalisant en Algérie. Impossible de savoir s'il s'agit là d'un indice ou d'une fausse piste.
Silence du côté des officiels

Mais les responsables politiques marocains ne sont pas les seuls visés, puisque Chris Coleman s'attaque aussi aux milieux franco-marocains. Selon lui, le gouvernement marocain aurait rémunéré quatre journalistes de grand médias français.
Le régime marocain n'a pas esquissé de réaction notable à cette affaire, préférant se réfugier dans un quasi silence. Ses relais privilégient toutefois la «piste polisario-algérienne».
(Source: Le Figaro)

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