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lundi 15 décembre 2014

Un morceau de plastique pour se désintoxiquer du portable



Le NoPhone est un objet en plastique de la même forme et aux mêmes dimensions qu'un smartphone. (http://nophone.myshopify.com/)


VU SUR LE WEB  Pour lutter contre les addictions aux téléphones mobiles, le site d’information américain Daily Dot propose une solution originale : acheter un NoPhone.



Sommes-nous capables d’oublier notre téléphone portable à la maison sans retourner le chercher ? Pouvons nous aller aux toilettes sans vérifier nos notifications Facebook ? Ou encore, trouvons-nous la force de laisser notre smartphone charger dans une autre pièce que celle où l’on se trouve ?Face à toutes ces questions, auxquelles la majorité répondrait par la négative, le NoPhone représente une alternative, explique le Daily Dot. Cet objet est en fait un morceau de plastique de la même forme et aux mêmes dimensions qu’un smartphone traditionnel. Il n’a ni écran ni batterie. Il ne peut appeler ni recevoir de notifications. En bref, sa seule fonction semble être le sticker réfléchissant à coller sur sa face, singeant un miroir, et qui permettrait de pallier la nostalgie des selfies. Pourtant, son ambition est bien de remplacer les téléphones mobiles, en permettant aux utilisateurs de se défaire progressivement de l’addiction physique à l’objet.



Grâce à un sticker réfléchissant vendu séparément, le NoPhone peut servir de miroir. 

Les créateurs de cet objet ludique, et un brin inutile, le décrivent comme un «moyen non technologique de garder le contact main-téléphone en restant connecté avec le monde réel». En termes moins pompeux, de garder l’impression d’avoir son téléphone dans sa poche sans ressentir le besoin de vérifier celui-ci. A la manière des fausses cigarettes, le NoPhone joue donc sur l’effet de substitution. Du pur nonsense, aux frontières du sérieux et du canular.A l’origine, le NoPhone était un projet proposé sur la plateforme de collecte de fonds Kickstarter. Mis en ligne en octobre, ce dernier a pour l’instant collecté 18 000 dollars (plus de 14 400 euros) et engendré plus de 2 000 achats. A 12 dollars pièce (et 6 dollars de plus pour le sticker-miroir), ce qui rend le substitut téléphonique bien moins cher que le moindre smartphone de marque.Le vice-président de la communication de Kickstarter, Mike McGregor, fait partie des donateurs. Le Daily Dot l’a interrogé à ce sujet. «La première fois que je l’ai vu, j’ai rigolé, raconte-t-il. C’est évidemment une manière de commenter un phénomène influent [les téléphones, ndlr] qui a déferlé sur notre monde. C’est incroyable de penser à ce qui s’est passé ces sept dernières années depuis qu’Apple a lancé son App Store pour rendre nos téléphones plus utiles. Pouvons-nous vraiment nous en éloigner ? Les laisser dans une autre chambre ?»Ces questionnements soulignent une véritable anxiété à l’idée de se séparer de son smartphone, estime le Daily Dot. Ce phénomène a un nom : la nomophobie, à savoir la peur exagérée à l’idée de perdre contact avec son portable. Une étude publiée en 2012 sur le site d’actualité technologique Cnet, révèle même que 58% des utilisateurs ne tiennent pas une heure sans vérifier leur mobile. Pour McGrégor, ce geste peut être source d’angoisses, car «un smartphone est un rappel constant qu’il se passe autre chose ailleurs».
Arriver au point d’acheter un téléphone de substitution, même non fonctionnel, pose de sérieuses questions quant à la manière dont nous consommons la technologie. Finalement, «c’est peut-être une bonne chose de laisser son portable à la maison volontairement pour créer d’avantage de contacts humains», conclut McGrégor. Et, quitte à fantasmer le vieux monde d’avant, de se servir des NoPhone comme de cale-livres ou de pavés à jeter contre les CRS.

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